Arrivé ce dimanche 13 février, je me pose de grandes questions : comment vais-je courir ce marathon de Séville ? A quelle allure partir ? Pour viser quel chrono à l'arrivée ? En général, on aborde une course à pied avec un objectif clairement défini, on s'est entrainé durant des mois en y pensant, ou au moins des semaines.
Rien de tel pour cette fois. Mon objectif numéro un est la course des 24 heures de Séné les 24 et 25 avril prochains. Je ne pense qu'à cette course et je m'entraine dans ce but depuis le 1er janvier. Contrairement à la course des 100 km de Chavagnes de l'an passé pour laquelle je ne m'étais entrainé spécifiquement que 3 semaines, j'ai cette fois envie de bien faire. J'ai ainsi repris la course à pied sur ces nouvelles bases en janvier après une coupure d'un mois en décembre. Je n'ai donc pas fait de vitesse depuis très longtemps, ni même d'allure marathon. Mes entrainements se résument à des sorties en endurance fondamentale de 1h à 2h pour l'instant. Avant de passer en mars à des sorties allant de 2h à 3h. Pour un 24h, le but ne sera pas d'aller vite mais de durer, de durer le plus longtemps possible à une allure constante de … On verra !
J'arrive alors ce dimanche matin avec une énorme envie de courir ce marathon de Séville, mais sans le niveau de vitesse me permettant d'espérer faire un chrono. En étant entrainé normalement, comme en septembre dernier lorsque j'avais fait le semi-marathon de Lille en 1h29, je pourrais espérer courir en 3h10. Mais là, aucune chance ! J'envisage de courir ce marathon en 3h50 comme à Rome l'an passé, ça m'avait fait un bon entrainement pour le 100 km. Ou pourquoi pas à 12 km/h, sur les bases de 3h30.
Finalement, je me décide d'oublier les références chronométriques. Et pourquoi pas courir au cardio ? Je sais qu'en course j'ai des repères très fiables sur les FC que je peux tenir selon les distances. Avec une FCMax de 178, je cours le 10 km à 165 de moyenne, le semi-marathon à 160 et le marathon à 151. Plus précisément, sur marathon je suis à 150 de moyenne sur le premier semi, à 152 de moyenne sur le 3ème quart de course et vers les 154 ensuite.
C'est décidé, je vais courir ce marathon en observant ma Fréquence Cardiaque. Je vais partir sur la base d'une fréquence moyenne de 150 – 5, soit 145 maximum afin de rester confortable.
Après 3 jours de plein soleil et de températures très douces, ce dimanche matin, il fait un temps gris et plutôt frais. Bref un temps idéal pour un marathon. Ici, l'organisation est top. Tout est rodé et prévu pour le plaisir des participants. Rien à voir avec un marathon comme Paris ou tout est fait pour les élites. Ici à Séville, c'est le coureur du peloton qui est important !
Déjà lors du retrait de dossard, on retrouve un sac, un tee shirt et un short. A l'arrivée, chaque arrivant se voit remettre une belle médaille, une grande serviette aux couleurs du marathon, et un sac avec plusieurs boissons et choses à manger. Même du coté des ravitaillements, rien à voir avec un marathon comme Paris où les problèmes sont récurrents. Ici tous les ravitaillements se font avec des petites bouteilles d'eau et c'est tous les 2,5 km. Pas tous les 5 km, non, il y en a deux fois plus. Aucune chance de finir déshydrater. Et il restait encore pas mal de stock après le passage des derniers participants. Non vraiment, je vous le dis. Les organisateurs de ce marathon de Séville ont fait un super travail ! Ca mérite d'être souligné, surtout avec des bénévoles aussi serviables et souriants.
Le départ est donné à 9h30 pile sur la piste d'athlétisme du stade olympique. On sort du stade par une légère montée. Ca sera d'ailleurs le seul et unique dénivelé du marathon. Tout le long des 42,195 km, le parcours est totalement plat. Un vrai billard. Pas de doutes, pour quelqu'un voulant faire une perf, c'est le marathon idéal ! Certains n'aimeront peut-être pas les lignes droites. Il y en a de très nombreuses et de très longues mais au moins il n'y a pas de relances. Je crois qu'on a du prendre seulement 4 ou 5 angles droits sur tout le parcours.
Dès le début, je me cale entre 140 et 145 de fréquence cardiaque. Ca me donne une allure d'environ 4'50" au kilo. Je suis assez confortable, de ce fait la course est agréable. Je peux observer les coureurs autour de moi et profiter. Quand je dis agréable, c'est d'un point de vue cardio, bref d'un point de vue souffle. Là, c'est parfait. Par contre au niveau des jambes c'est un peu moins ça. Dès le début j'ai les jambes et surtout les mollets durs. Ca fait presque mal. J'ai l'habitude de courir mais pas de marcher. Et il se trouve qu'avec Caro on a passé les 3 journées précédentes à arpenter cette magnifique ville de Séville en long, en large et en travers. On a marché plusieurs heures par jour. Résultats, je n'ai plus de jambes. Mais je n'ai aucun regret ! On a passé un week end merveilleux et c'était le but premier. Le marathon, c'était juste la cerise sur le gâteau.
Je continue donc comme ça, sur un rythme très régulier, toujours entre 140 et 145 pulsations par minute. Au 8ème km, mon lacet lâche, je m'arrête alors pour le refaire et au moment de repartir, j'ai bien senti mes cuisses. Aïe... C'est dur. Mais je m'inquiète pas et j'ai raison. A partir du 10ème km, les douleurs aux muscles commencent à se faire oublier. Les muscles se réhabituent à la course à pied ! Et en effet, jusqu'à la fin de la course, je n'aurai plus aucune sensation de muscles durs ou contractés.
Entre le 16ème et le 17ème km, c'est l'endroit qu'on avait repéré avec Caro pour se retrouver. Elle est là au rendez-vous avec l'appareil photo. Tout se déroule à la perfection.

Je continue toujours sur le même rythme, et passe le semi-marathon en 1h43. Ma fréquence cardiaque moyenne est toujours située dans la fourchette 140/145. C'est donc confiant que j'entame cette deuxième partie de course, et toujours avec le même plaisir. Tout va se passer de cette façon jusqu'au 35 km. Je suis alors à 144 de FC moyenne. Le souffle toujours net. Mais la durée de course commence à peser. Comme à chaque fois que je fais une course sans objectif de perf, je suis assez peu dur au mal. J'ai envie de vraiment pas être fatigué alors la tentation me prend de marcher. J'essaie de mettre ces idées de coté et continue ma route. Mais ma vitesse baissée, je suis maintenant plus vers 5'05" au kilo. Cette baisse de vitesse me permet de courir toujours à 144 de moyenne, sans dérive cardiaque.
Au 39ème km, je sens la fatigue arriver. C'est net. Pour à peine 3 petits km, j'aurais pu me forcer un peu. Mais sans rien pour me pousser, je cède à la tentation de marcher. Je vais marcher 3 fois en tout. Au 39ème,au 40ème et au 41ème. C'est dommage car si je m'étais forcé un peu, je serais passé sous les 3h30. Ca n'aurait pas servi à grand chose mais quand même, ça m'aurait fait plaisir. Dans le feu de la course, je n'y ai pas pensé. J'étais sur l'écran d'allure de mon Garmin mais pas celui du chrono. Au final, je mets 3h31'05". Je suis heureux. D'abord parce que j'ai quand même couru à 12 km/h de moyenne facilement, ça me fait un bon entrainement. Et ensuite parce que je retrouve Caro à l'arrivée qui a réussi à m'apercevoir sur les 200 derniers mètres du marathon qui se font sur la piste d'athlétisme du stade. Je lui avait dit de commencer à surveiller les arrivants à partir de 3h30.

5h après l'arrivée, je marche sans problème. Pas de courbatures et aucun bobo, même pas une petite ampoule. Ca me rassure pour le 24 heures à venir. C'est mon prochain objectif. Celui-ci sera en perf. Mais que veut dire perf sur une course telle qu'un 24 heures ? J'ai bien mon idée... Il me reste un peu plus de deux mois pour continuer à y travailler


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