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UTMB, 170kms au bout de moi même


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Auteur : bastientrail

Compte-rendu de course à pied : 26/08/2011 - UTMB

UTMB, aout 2011, 170kms au bout de moi même

 

L'UTMB 2011, plus de 170 kms pour près de 9500 mètres de dénivelé positif!

 

Avant de commencer la lecture de mon récit, je voudrais préciser deux trois points pour éviter les remarques déplacées : d'une part je n'oblige personne à lire ce récit qui est entièrement basé sur une histoire vraie (d'ailleurs « toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.» n'est pas applicable ici ) et des faits avérés; d'autre part il ne s'agit en aucun cas d'un texte publicitaire, les marques cités durant cet écrit, le sont pour la simple et bonne raison qu'elles font partie de la réussite de cette extraordinaire aventure humaine...ceci étant dit et actée je vous souhaite une bonne lecture conseillée avec une boisson fraîche à base d'orge et de malte...

 

 

 

...Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine...

à une époque où les meilleurs guerriers de l'ultra trail se donnaient rendez vous à Chamonix pour se défier sur l'Ultra Trail du Mont Blanc...

Une épreuve mythique du trail mondial longue distance, le tour du sommet de l'Europe, la traversé de 3 pays le tout en présence des spécialistes venus de toute la planète.

 

Tout commença en l'an 2011, un jour d'aout, un mardi par le départ de Grenoble récupéré par Jack mon coach et ses enfants direction un magnifique chalet au Praz de Chamonix. Le départ étant prévu le vendredi en fin d'après midi les 3 prochains jours s'avéraient essentiels dans la préparation : donc en dehors de la rencontre de potes (Timothée, Christophe, Jean Michel...) sur le rassemblement de l'ultra au centre de Chamonix, le reste du temps allait être consacré au repos à la préparation matérielle.

L'avant course est en réalité commencé depuis de nombreuse semaines, les courses de la 6000D et de Sierre Zinal ont permis de caler les dernières allures et sensations; le protocole alimentaire d'avant course dure depuis déjà quelque temps avec le soutient de Yohann et Nutratlétic, l'équipement que Sean Vancourt me fournit est porté à chaque sortie longue enfin les bâtons (black Diamond) nouveaux pour moi sont testés depuis de longues sorties ces derniers mois, il ne me reste juste à récupérer sur le stand Zamst une genouillère pour palier un éventuel soucis au genou (problème de cartilage depuis deux bons mois).

Durant ces deux derniers jours, le chalet va se remplir d'abord par les parents de Jack, nos intendants 5 étoiles, adorables et si disponibles puis par un couple de leurs amis, frère Mathieu, Amélie et Miguel dit « Mika » puis Stéphane, ces deux derniers participants à la CCC. Enfin, malade et très fatigué ma chérie Déborah va (heureusement) me rejoindre dès le jeudi.

 

Vendredi 10 heures les fauves sont lâcher du côté de Courmayeur, je suis de tout cœur derrière Mika et Stéphane et même si je devrais rester au calme, me reposer et faire du jus je ne peux m'empêcher de suivre par le live de la CCC, les aventures de mes deux compères...Mika finira héroïquement à une superbe 7ème place, Stéphane ne bouclera pas le parcours pas à cause de soucis gastriques mais reviendra plus fort la prochaine fois, j'en suis sûr!

 

Durant la journée j'apprends que le départ va être retardé à 23h30. C'est sous la pluie et avec la musique magique de Vangelis que le départ va être donné. Je suis à côté des meilleurs et par le plus grand des hasard c'est Fred (devant moi au trail du bout de Drôme) que je retrouve sur la ligne! 5, 4...1 , c'est parti, à bloc comme d'habitude.

 

C'est la nuit, il pleut, le départ est difficile à gérer j'essaie de ne pas me faire aspirer par tous les coureurs qui me doublent régulièrement dans ces premiers kilomètres. Je me cale dans les pas d'une coureuse (brésilienne) qui me semble garder une vitesse constante : je décide de faire abstraction de tout les autres. Les jambes sont bonnes je me sens très bien : 2h15 de course et 70è à St Gervais je suis en pré-chauffe, la boisson d'attente nutratlétic m'a permis d'être dans de bonnes conditions gastriques dès le départ.

 

 

 

 

 

 

 

Je cours un poil plus rapidement et rejoins les deux françaises prétendantes au podium Maud et Karine, mais dès la descente sur les Contamines je perds du terrain, je rigole tout seul en me traitant de taupe, je ne vois rien en descente, la faute à ma vue de moins en moins bonne surtout de nuit. Pas de soucis je ne m'inquiète pas : 3h20' de course et 58è...cool, prise de mes pilules pour la fatigue mentale (protocoles Nutratlétic)! 

 

Première erreur : les jambes et le moral sont tellement bon que je me laisse entrainer par le plaisir de courir si bien qu'une heure plus tard je suis 44è à la Balme. Je discute avec Renaud et tellement je me sens facile je décide de durcir un peu mon allure, je reprends encore 4 places pour rejoindre le refuge Croix du Bonhomme...je grimpe très bien mais entre le froid et le gros dénivelé je suis en train d'y laisser des plumes. Dans la descente sur les Chapieux, je perds des places, incapable de descendre vite, je commence à sentir le froid et ai du mal à tenir mes bâtons dans mes mains gelées. A ce moment précis ma « playlist » me permet de ne pas trop me désunir : les passages d'AC/DC, Metallica, Rammstein, Static X et bien d'autre me font du bien.

Ravitaillement des Chapieux alors que je ne suis pas au mieux dans la tête (42è en 6h11'), je vois mon compère Sylvain arrêté...de mieux en mieux pour perdre confiance. Nouvelle prise des pilules miracles. Déborah et Jack m'encourage et je repars plutôt bien dans cette longue ascension sur bitume, et retrouve Fabrice un français expatrié du côté de la Californie. On fait cette partie ensemble puis on attaque le Col de la Seigne : il me faudra plus de deux heures pour gravir ce col (8h03', 49è)!

 

Je ne cesse de me faire dépasser et je n'ai plus aucune sensation, je baille régulièrement, j'ai sommeil et froid : c'est très compliqué à ce moment précis. Trente minutes pour descendre à Lac Combal (8h31', 48è) je me fait rattraper par l'espagnole de Salomon et rejoins épuisé le ravitaillement. Premier délire sur l'alimentation, fromage-tuc-saucisson, j'ai faim, sommeil et froid alors la bouffe me remonte le morale. Charles et Mika, en attente de Renaud m'encouragent et cela me fait beaucoup de bien.

Il me faut encore près d'une heure pour monter à l'arrête Mont Favre (54è, 9h28')

puis le col Checrouit (55è, 10h01')

et c'est là que me retrouve Renaud, je m'accroche littéralement à lui, je m'arrête pour avaler une soupe, Renaud relance et me dépose à l'entame de la descente sur Courmayeur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10h du matin soit près de 10h30 de course j'arrive vide, le genou douloureux et épuisé les larmes aux yeux, au ravitaillement je suis 54è et au bord de l'abandon! 8 minutes dans les stands, et des tonnes d'efforts, de la part du « team chalet », Jack et bien sur Déborah pour me permettent de retrouver la foi! Re-pilules Nutra' et on décide de me mettre la genouillère JK2 Zamst autour du genou pour que je puisse repartir (le maintien de la rotule est impressionnant et agréable).

Déborah m'accompagne à la sortie du ravitaillement, j'ai envie de pleurer sans même savoir pourquoi...L'ascension sur le refuge Bertone commence je retrouve Fabrice et nous faisons ensemble la quasi totalité de l'heure de grimpette, je fais une nouvelle pause au refuge : soupe, eau pétillante et c'est repartie, je suis 48è, 11h48' de course.

Je me dirige seul vers le refuge Bonatti, si seul que je perds encore du terrain, longue pause au refuge, je ne suis plus du tout motivé, cela fait 13 heures et je suis 55è... Je repars avec deux compagnons direction Arnuva

où m'attend le frère de Mika, quelques mots échangés et je repars à nouveau seul...Je suis en 13h52, 51è tient un signe pour boire l'apéro, là ça me ferait du bien. Je reprends les pilules Nutratlétic (comme prévu par Yohann) toutes les trois heures depuis le départ : citrate de potassium, Actimag (magnésium) et Rhodiola pour la fatigue intellectuelle. Et je reprends un peu le goût à l'effort, heureusement car le grand Col Ferret n'est pas une mince affaire : près d'une heure trente d'ascension

et trois places perdues, je franchis le contrôle à la 54ème place et 15h18' de course, Jean Claude « Lafuma Boy » m'a déposé dans la col et me dis à toute à l'heure. Ça ne manque pas, je le rejoints dans la descente (avec une grosse partie montante) sur la Fouly, Déborah nous attends à un gros kilomètre du ravitaillement, et essaie de nous remonter le moral au plus bas à ce moment : 16h40 de course, 51ème. Je reprends mes 3 pilules magiques arrosé par de la boisson de récupération Nutra' et nous repartons à trois, Maud (4ème à ce moment là), Jean Claude et moi.

Les pilules font effet je retrouve l'envie et me met à courir pour de vraie, je lâche les deux et m'envole vers Champex, seul la petite ascension avec le lac me freine, Jean Claude me reprend à un kilomètre du ravitaillement : 42è, 18h48' de course.

 

Encore un gros point fait avec Jack et Déborah, je traîne au ravitaillement je ne veux plus repartir, re-pilules, re-boisson de récup, et re-parti encore avec Jean Claude, on trottine le long du lac, et petit à petit je retrouve l'envie. Je me fais klaxonner par la bande du chalet, je dis à JC que je vais courir dans la descente et qu'on se rejoindra bien dans la montée suivante...je pense que là je me suis bien planté! Non seulement je cours mais pire je survole cette descente je double et redouble les coureurs uns après l'autres, avec l'impression de juste commercer la course...inexplicable! Je traverse Martigny et remonte le long d'une route, je me surprends à courir en monté, je double encore à travers les vignes, ce partiel entre Champex et Martigny se passe à une vitesse folle, je suis sur un petit nuage : j'aperçois Déb, on approche le ravitaillement, j'en veux un express! Surprise Amélie et Mika sont là, ce dernier m'annonce que le col suivant va être dur. Je suis alors 26ème et cela fait 20h40' que je cours.

C'est partie pour une longue ascension, celle du col de la Forclaz (+1000m sur 6kms), qui va laissée apparaître les premières lueurs des frontales en effet la nuit se joint à la fête; je reviens sur deux coureurs, en passe un puis me fait distancer par le deuxième, je serre les dents. Déborah et Jack m'encourage tout au long du col à chaque traversé de route, je suis rassuré à chaque fois que je les croise, j'entends du monde (je croise Philippe Propage, tapi dans l'ombre), je vais basculer en direction de Trient et de son ravitaillement : 22h24', 23è.

Je reste 5 minutes, prends mes boissons et mes compléments et on établit le dernier plan de course, celui qui va me guider dans mon périple pour gravir Catogne et rejoindre Vallorcine. Je grimpe plutôt bien et rejoints le sommet en 01h20 (20è, 23h46'), la descente va se révéler plus compliquée que prévu : au programme froid, humidité et vue diminuée par un léger brouillard. Enfin je retrouve mon équipe, Vallorcine en vue, je suis à présent 21è (??? personne ne m'a doublé, bref...) et cela fait UN JOUR et 28 minutes que je cours!!! Mon premier 24h!

Vallorcine ou le début de la fin, il me reste deux difficultés, un poste de contrôle et s'en est finit!

Je repars le couteau entre les dents, je double et gravit le col des Montets rapidement, Déborah fait même quelques mètres avec moi, je dévale et arrive à l'Argentière : 17è et 25h20' de course...Jack m'annonce près de dix minutes de retard sur le premier coureur qui me précède.

Dernière ligne droite mais pas plate on cours sur le petit balcon sud et on accumule encore du dénivelé, cette partie me semble durer une éternité, dernière descente et je rentre dans Chamonix.

Déborah est là elle m'accompagne sur le dernier kilomètre et je franchis la ligne vidé en 26h34'55'', et 17ème!!!

Waouh j'ai finis!


 

Quelle aventure, merci à toutes et à tous, à toute l'équipe « chalet », à Jack et ma chérie Déborah! Mais aussi merci à tous ceux qui m'ont soutenu sur le tracé, derrière leur écran et tous les partenaires autour du  

team New Balance e t BV Sport :

 
 

Sean Vancourt (Nathan et squeezy)


Xtenex

Nutratlétic

Black Diamond

 

et bien évidement Zamst (et leur genouillère fantastique)

sans qui je ne pouvait pas repartir de Courmayeur!

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